• L'estuaire de la Gironde est le plus vaste d'Europe occidentale. D'une superficie de 600 km2, il est formé par la confluence de la Dordogne et de la Garonne. Les courants de ces deux rivières, accentués par le mouvement de l'océan Atlantique sur lequel débouche l'estuaire, favorise le déplacement des alluvions qui forment sont lit et provoque la formation et la disparition d'îles et îlots. Les plus importantes sont :

    • l'île Sans Nom, près de Cordouan,
    • l'île de Patiras, la plus ancienne, qui abrite des parcelles de maïs et des vignes ainsi qu'un phare,
    • l'île Nouvelle, réserve naturelle depuis 1991,
    • l'île Pâté, avec sa construction fortifiée,
    • l'île Verte, qui conserve les ruines d'un village et dont une partie est réserve naturelle depuis 2001,
    • l'île du Nord,
    • l'île Cazeau,
    • l'île Margaux, sur laquelle on cultive 14 ha de vignes,
    • l'île Macau.

    Celle sur laquelle je me rends, après la balade dans la citadelle de Blaye, est l'île Nouvelle. Elle est issue de la réunion de deux îlots, l'île Sains Pain et l'île Bouchaud, apparus au début du XIXème siècle. Sa superficie totale est de 265 ha avec une longueur d'environ 6 kms pour une largeur qui n'excède pas 700 m. Ces deux îles ont été très vite endiguées afin d'être exploitées par l'homme pour leur terre riche en sédiments. On y cultive la vigne, à l'abri du phyloxera, mais également des artichauts et on y fait aussi un peu d'horticulture. Une micro-société y est installée dans deux villages d'environ 150 habitants au total, appelés les "îlouts". La crise vinicole des années 1950 les conduit à la ruine et les contraint à arracher les pieds de vigne. Un essai de culture du maïs se soldera finalement par un échec et les derniers habitants, la mort dans l'âme, devront quitter l'endroit dans les années 1970.

    Le Conservatoire du Littoral et le Conseil Général de la Gironde se sont associés dans un programme de renaturation qui consiste à ouvrir les digues pour permettre à l'eau de circuler de nouveau, ce qui favorise la repousse de certaines espèces végétales et l'accueil d'oiseaux migrateurs mais aussi de certains qui se sont implantés. Le village abandonné, mais conservé, est en cours de réhabilitation pour un accueil du public à terme lors de manifestations. L'île peut-être visitée depuis trois ans par groupes organisés et emmenés par des guides naturalistes.

    Une des personnes qui m'accompagnaient lors de la visite est un ancien "îlout". C'était la première fois qu'il revenait depuis son départ à l'âge de 10 ans, il y a 50 ans. Inutile de dire combien il était ému de revoir cet endroit où il a grandi. Cela nous a permis d'avoir des anecdotes pittoresques concernant la vie de tous les jours dans ce village à l'écart du monde.

    A la descente du bateau, nous sommes accueillis par deux guides naturalistes et répartis en deux groupes. Celui dans lequel je suis commence la visite par le village des îlouts.

    Le village se distribue de part et d'autre d'une grande allée, à l'époque bordée d'arbres dont seulement deux sont encore debouts. Les autres, arrachés lors de tempêtes, ont été replantés récemment.

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    Ici, la maison du responsable de la communauté, par qui toutes les doléances transitaient.

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    La grange dans laquelle étaient remisées les récoltes, mais aussi les provisions venant du continent. Elle est en cours de restauration.

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    La "fenêtre" par laquelle on faisait passer les colis les plus encombrants à l'aide d'un palan.

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    L'arrière de la réserve.

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    Le puits artésien qui alimentait le village en eau potable.

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    À cet endroit se trouvaient les jardins potagers, de chaque côté du chemin.

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    L'école. La salle de classe se trouvait à l'avant et le Maître d'école avait son appartement à l'arrière.

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