• De retour au ponton, nous remontons sur "La Ginette", le bateau-promenade qui nous a déposés sur l'île Nouvelle. Après un détour par Blaye, afin d'y déposer nos guides naturalistes qui ont terminé leur journée et les membres d'une troupe théâtrale venus répéter un spectacle sur l'île, nous partons pour une balade d'une heure sur l'estuaire à la découverte du verrou Vauban et de quelques jolies vues sur l'estuaire.

    À la barre, René, qui pilote le bateau avec la maîtrise de quelqu'un qui connaît tous les tours, détours, remous et usagers de l'estuaire, comme le marin averti qu'il est mais aussi l'enfant du pays, tout comme David, notre guide, intarrissable sur toute l'Histoire et les histoires de l'estuaire et de la vie sur l'eau et sur les berges. Ce dernier est incollable. Il a réponse à toutes les questions que l'on peut lui poser avec un entrain et une gaîté communicatifs.

    (Certaines photos ont des reflets car prises au travers des vitres du bateau)

    Verrou Vauban, estuaire de la Gironde1

    Le bac qui relie Blaye au petit port de Lamarque, sur la rive gauche.

    Verrou Vauban, estuaire de la Gironde2

    Verrou Vauban, estuaire de la Gironde3

    Verrou Vauban, estuaire de la Gironde4

    Verrou Vauban, estuaire de la Gironde5

    Nous arrivons en vue de l'île Pâté.

    Verrou Vauban, estuaire de la Gironde6

    Comme les autres îles de l'estuaire, l'île Pâté est née de l'accumulation des alluvions des fleuves et des sables de l'océan amenés par les marées. Pendant la Fronde, le Gouverneur de Blaye émet l'idée de fermer la Gironde. Au XVIIème siècle, "l'ïle de Blaye" n'est qu'un simple banc recouvert à chaque forte marée. Lorsque Vauban décide d'en faire l'un des éléments défensifs du port de Bordeaux, reprenant ainsi l'idée du Gouverneur de Blaye, il la fait ceinturer d'une digue. Puis il fait consolider l'îlot pour y édifier un fort. Pour cela, il fait construire un large grillage ovoïde (ou radier, c'est à dire une plateforme stable) en bois de pin, porté par des pilotis, ceci autant pour stabiliser l'îlot que pour servir de base à la construction du fort. Puis un second treillage est aménagé autour de l'île et enfin les travaux de maçonnerie peuvent débuter. Le fort, haut de 12 mètres, est construit majoritairement en pierres de taille, mais aussi en briques. Sa forme ovale permet une surveillance à 360°. Il compte 32 meurtrières réparties dans les salles du rez-de-chaussée qui entourent la poudrière. Au sommet, on trouve la salle de garde, la cuisine et deux autres salles plus petites, ainsi que deux échauguettes pour l'observation. Vers 1705, l'édifice s'enfonce de deux mètres dans la terre, rendant inutilisables les 32 fenêtres de tir. L'île ayant perdu près de la moitié de sa superficie, elle est de nouveau consolidée entre 1726 et 1730, freinant ainsi considérablement l'érosion. Le fort a un rôle plus dissuasif que défensif. Une garnison de quinze soldats y résidera en permanence jusqu'au XIXème siècle. Il ne se visite pas car il est privé. Classé aux Monuments Historiques depuis 1935, il est, avec la citadelle de Blaye et le fort Médoc, l'un des douze sites intégrés au Réseau des Sites Majeurs de Vauban depuis 2008. C'est la forme trapue et ramassée du fort, faisant penser à un pâté, qui donne son nom à l'île.

    Verrou Vauban, estuaire de la Gironde7

    Ici, à droite, on peut apercevoir une des échauguettes, au-dessus de la porte.

    Verrou Vauban, estuaire de la Gironde8

    Verrou Vauban, estuaire de la Gironde9

    Verrou Vauban, estuaire de la Gironde10


    14 commentaires