• Afin de bien verrouiller l'estuaire de la Gironde et interdire l'accès du port de Bordeaux aux navires indésirables (anglais et hollandais), en 1689, Vauban commence la construction du fort Médoc sur la rive gauche de la Gironde, dans une zone  marécageuse. Il viendra compléter le "Triptyque" commencé avec la citadelle de Blaye, sur la rive droite, et le fort Pâté, sur l'île du même nom au milieu de l'estuaire, dont l'idée avait séduit Louis XIV en 1685 et dont il lui avait ordonné la mise en place.

    Le fort est entouré de fossés alimentés par les eaux de l'estuaire grâce à un système d'écluses de manière à les maintenir en eau quelle que soit la marée. De forme carré, il est perpendiculaire à la rive et se compose de quatre bastions reliés par des courtines, dont celles du côté de l'estuaire sont aménagées en batteries, le tout flanqué d'un chemin couvert et de glacis engazonnés. Viennent ensuite deux lignes de casernement avec chacune 40 chambres de 3 à 4 lits. À l'extrémité de l'une se trouve la chapelle et les appartements de l'aumônier, et de l'autre la boulangerie avec deux fours à pains et les locaux du chirurgien de la garnison. On y pénètre par une porte monumentale précédée d'une demi-lune et suivie d'un imposant corps de garde dont l'étage est réservé au major de la place. Au total, 300 soldats pouvaient loger dans les lieux, mais il n'y en a jamais eu plus de 100.

    Bien qu'il soit assez vaste, le fort Médoc n'a jamais eu un rôle militaire important. En effet, il n'a jamais subi d'attaque.  En 1713, il n'était équipé que de 13 canons avec peu de boulets et en 1789, seulement quelques hommes, pour la plupart des soldats invalides, et trois vieux canons l'occupent encore. Il est déclassé par l'armée en 1916 et devient la propriété de la commune de Cussac en Médoc en 1930, laquelle prend le nom de Cussac-Fort-Médoc. Il est partiellement insrit aux Monuments Historiques en 1956 et partiellement classé en 1968. En 2008, il est intégré, avec la citadelle de Blaye et le fort Pâté, au réseau des Sites Majeurs de Vauban et récemment promu au Patrimoine Mondial de l'Unesco. L'association des "Amis du Fort Médoc" a entrepris de le restaurer et de le faire revivre, avec l'aide des pouvoirs publics.

    Arrivée par la demi-lune, réduite à l'état d'un léger monticule de terre.

    Le fort Médoc1

    Les douves, alimentées par l'eau de l'estuaire.

    Le fort Médoc2

    Le fort Médoc3

    La très belle porte Royale ...

    Le fort Médoc4

    ... avec son frontispice portant les armoiries du XVIIème siècle : un écu royal central avec trois fleurs de lys entourées de la chaîne du Saint Esprit (ordre de chevalerie prestigieux au service de la monarchie française) dont la médaille pend et sur laquelle se trouve une colombe, tête dirigée vers le bas, symbole de la relation entre l'esprit et la matière, le tout encadré par deux guerriers assis sur des trophées de guerre ...

    Le fort Médoc5

    ... et un fronton frappé aux armes de Louis XIV.

    Le fort Médoc6

    Entrée dans le couloir voûté sous le corps de garde Royal d'où l'on a vue sur l'esplanade intérieure et le corps de garde de la Gironde.

    Le fort Médoc7

    De chaque côté de l'entrée, une porte donnant accès au chemin couvert (chemin sur le bord extérieur du fossé où le soldat est à couvert des tirs ennemis) ...

    Le fort Médoc8

    (ici, le premier jeu de grandes portes de bois qui ferme le couloir voûté)

    Le fort Médoc9

    ... d'où l'on a vue sur les douves.

    Le fort Médoc10

    Le fort Médoc11


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